Le bon timing

Chez les Grecs, le bon timing était associé à la notion de Kairos qui traduit le temps adéquat pour faire les choses, le temps qui « tombe bien ». Être en Kairos veut dire être bien synchronisé par rapport à la totalité.

Prenons l’exemple d’une volée d’oies que nous observons, nous pouvons remarquer qu’elles commencent par battre des ailes de façon aléatoire et individuelle avant de se synchroniser progressivement pour former un groupe qui va s’orienter dans l’espace. Pour optimiser leur performance, les oies s’auto-organisent en équipes. En adoptant la forme en V, par exemple, les oies peuvent accroître  de 71% la performance qu’elles auraient si elles volaient seules.

Chaque battement d’aile d’une oie donne une poussée à celle qui la suit, ce qui permet aux oies de queue de se reposer. Mais le plus important est qu’elles  sentent instinctivement  à quel moment elles doivent se déplacer vers la tête de la volée. Une impulsion de la totalité pousse une des oies vers la pointe du V, une position particulièrement inconfortable parce qu’elle est exposée aux grands vents.

Dans une volée d’oies, l’Impulsion de se rendre à la tête ne se sera jamais contesté par l’oiseau, toutes les oies sachant qu’elles doivent se remplacer les unes les autres pour se reposer.

Le Kairos, tout comme la synchronicité, est lié à l’intuition du « temps juste » celui que nous sentons approprié pour nous orienter et agir à l’exemple des oies. Pour se sentir dans son « flow » il faut en arriver à percevoir ce temps intuitif plutôt que d’être submergé par le temps calculé typique de notre société qui nous impose trop souvent un rythme « anti Kairos ».

Le Kairos est une invitation à contacter nos propres rythmes internes qui sont intimement liés aux rythmes collectifs. Le Kairos nous renvoie aussi au rythme sacrée que nous avons pour faire les choses et qui nous permets de dégager un espace d’action et d’inaction.

Ce principe de l’auto organisation comme chez les oies, de synchronicité (bon timing) se remarque selon William Sulis, psychiatre et mathématicien à l’université de McMaster; «  par non pas juste l’information qui donne la commande d’un changement mais plus par le « timing » par lequel l’Information est transmise pour générer ce changement ».  Il ajoute enfin, qu’un organisme quel que soit sa complexité qui fait preuve de « saliency » c’est-à-dire; de l’utilisation de la bonne information au bon moment génère spontanément une action parfaitement orchestrée tout comme notre volée d’oies déjà bien loin  pour nous qui restons !

Extrait remanié du livre de Jean-François Vézina, les hasards nécessaires. La synchronicité dans les rencontres qui transforment.

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s