L’Alpha et le Bêta de l’accompagnement entrepreneurial

Reprenant la métaphore des planètes Alpha et Bêta, Christophe Schmitt dans sa dernière parution, « l’agir entrepreneurial » utilise ces deux figures nous permettant de saisir les postures que peuvent prendre les accompagnateurs (coachs) et les enseignements dans un processus entrepreneurial :

Sur Alpha, chaque organisation est dotée d’un engin qui fournit les réponses appropriées à tous les problèmes pouvant surgir. Lorsque cet engin est en panne, l’organisation fait appel à un « réparateur » qui effectuera les réglages nécessaires et remplacera les éléments défectueux. Le réparateur agit comme si la réalité entrepreneuriale était accessible indépendamment de l’entrepreneur. Dans ce cas de figure, les solutions sont indépendantes de l’entrepreneur, d’où la volonté de développer des outils universels comme le plan d’affaires par exemple, et peuvent donc être apportées par un tiers extérieur comme les structures d’accompagnements, les cabinets conseils ou les enseignants. La perspective du tiers exclu crée l’illusion de la solution indépendante de l’entrepreneur et, plus particulièrement, de la dépendance de l’entrepreneur à l’égard du réparateur, car seul celui-ci sait comment aboutir à la création d’entreprise. Cette logique bien que contre-productive, reste encore largement présente dans nos sociétés. C’est le « Tintinisme » dénoncé par Fillion (1999), situation ou l’accent est mis sur l’aide apportée aux entrepreneurs plutôt que sur leur autonomie.

Sur Bêta, chaque organisation construit ses outils avec les moyens dont elle dispose. Ces organisations peuvent, en cas de difficulté, faire appel à un « facilitateur » (coach). Le facilitateur ne vient pas apporter la solution, parce qu’il n’y a pas de solution préconçue. Il se sert avant tout de sa position (posture) pour aider le système à se donner une représentation réflexive, à ne pas s’enfermer dans son point de vue, à percevoir ce qui est ou peut être différent, à redevenir acteur et créateur de son devenir. En agissant comme un facilitateur, le « tiers est inclus » à la situation entrepreneuriale (Schmitt et Husson, 2012,2014). Il ne propose pas de solutions toutes faites, il amène l’entrepreneur à prendre conscience  de son intentionnalité, afin de lui permettre de construire du sens dans ses actions. Nous sommes clairement ici dans l’interrogation de la connaissance et des représentations de l’entrepreneur. Le facilitateur s’inscrit, de ce fait, dans une perspective maïeutique.

Ces deux postures de l’accompagnement entrepreneurial sans être contradictoire nous fait passer d’une réalité de première ordre à une réalité de second ordre (Watslawick,2000). Ce changement de regard porté sur la manière d’accompagner fait passer l’entrepreneur d’un monde de vérité à un monde de possibilités. « L’entrepreneur est donc l’homme qui délibère pour bien agir » (Facchini,2007)

 

Extrait adapté de « L’agir Entrepreneurial », Christophe Schmitt, 2015

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